Répondre au stress

Poser un nouveau regard

Nous ne choisissons pas toujours les circonstances,
mais nous pouvons choisir notre façon de les vivre.

Viktor Frankl

 

 

Depuis plusieurs semaines, l'évolution de la pandémie et le confinement sont, pour pour beaucoup d'entre nous, une source grandissante d'anxiété, d'angoisse.

Cette crise sans précédant, dont ni la durée ni même l'issue ne peuvent être anticipées, a tout pour nous plonger dans un stress chronique, fragilisant notre système immunitaire au moment où il risque d'être le plus sollicité.

Quelle attitude pouvons-nous adopter afin de ne pas succomber à ce climat anxiogène et nous adapter au mieux aux changements importants qui s'amorceront dans nos vies pour les semaines, les mois, voire les années à venir?

Je suis convaincu que le confinement peut être l'opportunité pour chacun(e) d'entre nous de questionner nos habitudes, de réinventer notre quotidien et de porter sur notre monde un nouveau regard.

Le confinement face au virus: 
contrainte ou opportunité?

Le stress, c'est quoi?

En réalité, le stress est une chose naturelle qui fait partie de notre quotidien et nous contraint à nous adapter constamment. En 1974, le Dr et chercheur Hans Seyle le définissait comme: l’ensemble des réponses de notre organisme (esprit et corps) à tout agent stressant auquel nous sommes confrontés. Autrement dit, il s'agit d'une réaction physiologique et psychologique qui se produit en nous à chaque fois que nous avons un défi à relever.

Comme l'ont démontré Thomas H. Holmes et Richard H. Rahe à travers leur échelle du stress, tout changement dans notre vie, du plus positif, au plus douloureux, peut constituer une source de stress. Ces deux chercheurs rappellent que pour notre système nerveux, un événement très heureux, un mariage, la naissance d'un enfant, ou une réussite professionnelle, peut également être perçu comme stressant, autant que la perte de son travail, un divorce, ou même le décès d'un proche, de par l'intensité émotionnelle que les uns et les autres soulèvent. Plus que les événements eux-mêmes, ce sont la manière dont nous y réagissons et notre aptitude au changement qui détermineront le niveau de stress engendré dans nos vies.

Le Dr Seyle a également insisté sur la distinction entre deux types de stress: le premier, qu'il appelle stress "positif" ou eustress et le second, stress "négatif" ou distress. Aujourd'hui, nous parlons davantage de stress aigu qui mobilise nos ressources et de stress chronique qui les épuise.

 

Comment ça marche?

Les études du Dr Cannon, physiologiste américain du siècle passé, ont montré que la réaction à un facteur stressant est un mécanisme de survie, instinctif et automatique, basé sur une réponse de lutte ou de fuite.

Face à un danger réel ou supposé, le stress, c'est-à-dire la riposte de notre organisme, se fait par l'intermédiaire de notre système nerveux sympathique.

Celui-ci déclenche des réactions en chaîne, tant sur le plan physiologique  - libération de l'adrénaline, accélération du rythme cardiaque, augmentation du flux sanguin dans les muscles moteurs et le cerveau, par exemple  - que sur le plan psychique - émotions telles que la peur et l'anxiété, esprit de combativité et d'ingéniosité, accélération de la pensée, notamment.

Nous entrons momentanément en état d'alerte, sur le mode archaïque "fuir ou affronter" pour lequel toutes nos ressources physiques et psychiques sont mobilisées afin de trouver la solution à la situation.

Le stress aigu qui mobilise nos ressources

Dans le cas du stress aigu, une fois la solution trouvée et le danger écarté, le système parasympathique prend le relais en libérant d'autres hormones, telles que l'endorphine, la dopamine et la sérotonine, qui ralentissent le métabolisme et relâchent nos tensions, tandis que les hormones de stress sont évacuées. La réponse de relaxation remplace la réponse de stress, l'organisme récupère et les effets du stress dans le corps s'effacent sans nécessairement porter préjudice à l'individu. La vie reprend donc son cours normal.

Cette forme de stress est aujourd'hui considérée comme positive, car elle renforce notre aptitude à nous adapter à des situations nouvelles qui mobilisent nos ressources corporelles,  imaginatives et intellectuelles.

Eric Albert, psychiatre et fondateur de l'Institut Français de l'action sur le stress, considère que le stress aigu est indispensable à notre évolution  puisqu'il améliore notre souplesse psychique, comportementale et émotionnelle.

Le stress aigu qui mobilise nos ressources

Dans le cas du stress aigu, une fois la solution trouvée et le danger écarté, le système parasympathique prend le relais en libérant d'autres hormones, telles que l'endorphine, la dopamine et la sérotonine, qui ralentissent le métabolisme et relâchent nos tensions, tandis que les hormones de stress sont évacuées. La réponse de relaxation remplace la réponse de stress, l'organisme récupère et les effets du stress dans le corps s'effacent sans nécessairement porter préjudice à l'individu. La vie reprend donc son cours normal.

Cette forme de stress est aujourd'hui considérée comme positive, car elle renforce notre aptitude à nous adapter à des situations nouvelles qui mobilisent nos ressources corporelles,  imaginatives et intellectuelles.

Eric Albert, psychiatre et fondateur de l'Institut Français de l'action sur le stress, considère que le stress aigu est indispensable à notre évolution  puisqu'il améliore notre souplesse psychique, comportementale et émotionnelle.

Le stress chronique qui épuise nos ressources

Lorsque les facteurs stressants se prolongent, l'individu entre dans un état de réponse permanente - le stress chronique - qui l'empêche de retrouver le calme, ou homéostasie.
Les tensions physiques et psychiques qui se maintiennent, et souvent même augmentent, usent le système cardio-vasculaire, affaiblissent le système immunitaire - notamment face aux agressions externes telles que les germes ou les organismes infectieux -  et nuisent aux régulations hormonales indispensables à son équilibre.

Sur le plan psychologique, la peur ou l'anxiété font progressivement place à un sentiment d'impuissance, voire de désespoir. Un tel stress perd son caractère dynamisant pour aboutir à un état d'épuisement physiologique et psychique qui, sur le long terme, peut engendrer diverses pathologies. Parmi les symptômes classiques, citons les tensions musculaires chroniques, la tachycardie, les brûlures ou crampes d'estomac, l'acidité gastrique, l'hypertension artérielle, de nombreux problèmes digestifs, les maux de tête, les douleurs lombaires, l'insomnies, la dépression.

De nos jours, c'est sans doute le "burn-out" qui traduit le mieux les conséquences du stress chronique.

Or, c'est moins la quantité de travail que les conditions particulièrement stressantes et la pression (parfois auto-infligée) qui en sont les principales causes. 

En l'absence de période de répit ou de calme, l'individu lutte et sollicite toutes ses énergies physiques et mentales jusqu'à l'effondrement.

Face à l'inconnu

La situation de crise sans précédant que nous vivons actuellement nous confronte à beaucoup d'inconnues, à court et moyen terme. Cela s'apparente clairement à un stress chronique, face auquel le modèle archaïque de réponse au stress, de lutte ou de fuite, peut s'avérer très délétère, comme nous l'avons vu.  

D'autant que, comme le disait déjà Epictète au Ier siècle de notre ère, "ce ne sont pas les événements qui perturbent les hommes, mais l'idée qu'ils s'en font par avance".

Autrement dit, ce ne sont pas tant les faits qui nous stressent que notre inclinaison à l'anticipation négative quant à la manière dont ils évolueront et la difficulté d'accepter de ne pas en maîtriser l'issue.

Car il faut bien reconnaître que nous avons bâti notre société sur le modèle hédoniste et matérialiste qui nous fait rechercher le confort et son maintient, et nous fait éviter toute contrariété. Un tel modèle n'est évidemment viable qu'à la condition que nous maîtrisions notre vie et notre environnement. Or voilà qu'une pandémie mondiale, à l'image d'un tsunami, ébranle en quelques semaines tous nos repères. 

Tandis que nos habitudes volent en éclat, nos systèmes de santé, économique, éducatif, professionnel, sont plus que fragilisés.

L'incertitude dans laquelle nous plonge cette pandémie fait surgir chez beaucoup d'entre nous un profond sentiment d'impuissance qui nourrit évidemment le stress.

De l'impermanence dans notre vie

Ce "tsunami" nous rappelle que, même lorsque "tout va bien", notre existence est faite de changements qui ne dépendent pas toujours de notre volonté". Notre vie est ainsi jalonnée d'apparitions et de disparitions et se termine immanquablement par la mort.  Notre corps se modifie de multiples façons à mesure que nous grandissons et que nous traversons les différentes étapes de notre vie. 

C'est pourquoi, notre plus grand défi réside dans la capacité à considérer et accepter le changement comme partie intégrante de la vie plutôt que de nous y opposer comme s'il était une menace.

D'autant que si tout change autour de nous et en nous, rien ne nous empêche, à n'importe quel stade de notre vie, de modifier notre vision du monde et de nous-même, de mourir à des vieilles formes désuètes et inopérantes pour en embrasser d'autres, plus adaptées et plus efficaces. Rien ne nous empêche jamais de croître et d'apprendre.

Le début d'une résilience

Si quelques entreprises tentent, sans surprise, de profiter du confinement pour faciliter les achats en ligne, nous voyons surtout fleurir sur les réseaux sociaux de nombreuses opportunités, souvent gratuites, de pratiquer à la maison le Qi-Gong, le Yoga, la danse, le chant, la gymnastique, le macramé, etc. 

Des applications offrent également la possibilité d'organiser des "rencontres virtuelles" pour des échanges, débats, conférences,  durant lesquels nous recréons du lien, autrement

Le succès de ces activités "on-line" nous montre qu'à l'heure où les lieux de consommation sont fermés, nos manques les plus criants ne sont pas d'ordre matériel.  

Si, dans un premier temps, il s'agit le plus souvent de "tromper l'ennui" - seul, en couple ou en famille - , je suis tenté d'y voir également une forme de une remise en question de nos besoins matériels au profit d'autres dimensions psycho-corporelles, voire spirituelles. Par ailleurs, ces activités créent sans doute des "sas de décompression" face à un climat extérieur de plus en plus anxiogène.

Espérons qu'une fois passée cette crise pandémique, ces nouvelles habitudes puissent s'inscrire durablement dans notre quotidien, dans une moindre mesure sans doute, mais de manière à opérer une réelle résilience collective, qui amorcerait alors un profond changement dans nos valeurs, nos priorités, notre système sociétal. N'est-ce pas le principe de toute crise qu'il y ait un avant et un après? 

La tentation de garder le contrôle

Pour autant, cette effervescence d'offres et d'occupations révèle peut-être deux vieux réflexes, deux manières archaïques de "réagir" face à la perte de repères à laquelle nous confronte le confinement actuel.

Le premier réflexe consiste à éviter l'inconfort (ou l'angoisse) dans lequel peut nous plonger un agenda vide; la peur de l'ennui (que l'on dit d'ailleurs "mortel"!) ou du silence nous incite à une recherche désespérée de "choses à faire". 

Le deuxième, qui en est le corollaire, consiste à vouloir retrouver nos repères, reprendre le contrôle pour redonner à notre quotidien un semblant de "normalité.

Ces réflexes archaïques traduisent notre besoin de maîtrise face aux événements et à notre quotidien et notre peur de n'être plus "à la barre".

Embrasser le changement dans le non agir

Le contexte actuel me semble être une opportunité pour chacun(e) d'entre nous de délaisser momentanément notre volonté de contrôler ce qui n'est pas de notre ressort

Prenons alors le temps, une fois par jour, de nous accorder un moment de pause, un moment pour ne rien faire, où nous n'avons rien à contrôler, rien à accomplir, aucun objectif à atteindre.

Un moment pour être, seul(e), en couple ou en famille, pour ÊTRE simplement. 

Et si l'ennui, un inconfort, ou une émotion désagréable s'invitent dans cette parenthèse, accordons-leurs une place et acceptons d'en faire l'expérience, en nous rappelant que tout en nous change, que ce qui naît se transforme et meurt, ou donne naissance à autre chose.

Accordons-nous le temps de passer du mode de l'agir pour entrer dans le mode de l'être. 

Nous serons peut-être surpris de constater que lorsque nous renonçons à "faire des efforts", à "agir", quelque chose est à l'oeuvre et se transforme, libéré des ornières de notre mental. 

La réalité de la pandémie et du confinement n'aura sans doute pas changé, mais nous l'envisagerons différemment, laissant émerger dans notre esprit, apaisé et plus ouvert, de nouvelles perspectives, une manière d'y répondre plutôt que d'y réagir. 

 

En prenant ce temps pour VOIR les choses telles qu'elles sont, nous embrasserons sans lutter les multiples changements auxquels nous serons bientôt appelés .

Nous aurons posé sur nous-mêmes et ce qui nous entoure un nouveau regard.

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